Le Centre d'art contemporain Raymond Farbos présente :

Peintures et dessins de JEAN-PIERRE UGARTE

Exposition du 15 avril au 11 juin 2016

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De 1961 à 1966, Jean-Pierre Ugarte signe « sans culture mais avec émotion » une quarantaine de tableaux reproduisant un environnement familier et les illustrations du Petit Larousse. C'est sa période « figurative ». La vocation stimulée par l'incommensurable confiance paternelle, Jean-Pierre Ugarte réussit son concours d'entrée aux Beaux-Arts à 16 ans. Jusqu'en 1971, l'Ecole lui enseigne « ce que la peinture véhicule de sentiments contradictoires ». Franc-tireur, l'artiste espère trouver sa propre voie quand l'intelligentsia ne jure que par l'abstrait et le surréalisme. Durant sa deuxième période, il réfléchit au « sens » de sa démarche. Le service militaire accompli, il boucle un Tour d'Europe des musées du Nord, vivant accessoirement de la vente de ses toiles.

Après une furtive expérience de professeur au lycée de Nay (1973-74), il décroche un emploi rêvé de graphiste à la Société nationale des pétroles d'Aquitaine. « La SNPA, c'était l'Emirat du Béarn ! Elle recherchait exactement mon profil. Mon travail était intéressant. J'avais la responsabilité d'un bureau de dessin et de la création artistique ». Il honorera ses fonctions pendant 12 ans.

Une peinture de synthèse

Entre temps, sa carrière a décollé grâce à l'harmonieuse « synthèse » de ses recherches picturales forgées sur l'inné et l'acquis. Ses paysages ne reflètent pas d'intimes tourments mais traduisent l'interrogation de l'être sur ses origines et l'avenir, exprimée par les éléments de la nature à travers des paysages virtuels traversés de visions et de forces antagoniques.

« Je ne suis pas du tout un peintre maudit. J'ai une très belle vie. Dans le processus de création, je suis un autre. J'ai fait du paysage un genre. L'absence de l'homme sur mes tableaux laisse toute la place à celui qui regarde avec sa propre culture, son univers et ses états d'âme. Il y a toujours quelque chose d'un peu monstrueux derrière mes représentations. Ça doit venir des vestiges du mur de l'Atlantique ; la rencontre, sur un même tableau, d'un monde hédoniste et d'une archéologie du futur, des paysages réinventés porteurs d'une menace sourde. C'est un moyen d'être contemporain...», philosophe-t-il sans message.