Le centre d'art contemporain Raymond Farbos présente :

" DES GENS QUI... "

Peintures de FREDERIC BLAIMONT

Exposition du 17 avril au 13 juin 2015

0113-80x80L'un contre l'autre, Huile sur toile, 2013 - 80 x 80 cm

 

Né en 1947 à Paris, Frédéric Blaimont poursuit des études artistiques à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, avant d’intégrer l’École des Arts Graphiques de Bâle en Suisse. Il débute sa carrière dans les années 70 dans la publicité et l’enseignement des arts graphiques, tout en s’adonnant à la peinture. En 2009 il décide de s’y consacrer pleinement.


Frédéric Blaimont regarde sans concession le spectacle de la rue avec tendresse. Ce que l’on remarque à première vue c’est la banalité de ses sujets. Quelque chose d’inhabituel se passe, la solitude des personnages est particulièrement présente. Sa peinture est un mélange de bienveillance et de méchanceté. Il nous montre des personnages parfois déplaisants, avec douceur et attention. Le défilé de ces passants ordinaires, anonymes, transparents comme l’air que nous respirons sont des prétextes à saisir le bavardage de ces héros minuscules. Si nous prêtons l’oreille, ils nous racontent leur passé, leurs espoirs et leurs peurs, vous en reconnaitrez peut-être certains.


Frédéric Blaimont s’inscrit d’une façon contemporaine dans ce qu’il est coutume d’appeler « scènes de genre », dans la lignée de Georges de la Tour, des frères Le Nain, Courbet, Hopper et bien d’autres…

 

Son parcours


De 6 à 15 ans, sans qu’il sache vraiment pourquoi encore aujourd’hui, Frédéric Blaimont a été bègue - vraiment bègue.
Il s’en suit une enfance dont il a occulté de nombreux souvenirs, une scolarité catastrophique, nul en tout. Bègue, dyslexique, anorthographique, ambidextre (sans doute gaucher contrarié), il n’a pas eu le choix : l’expression graphique ou picturale s’est imposée.

Il réalise son premier tableau à l’huile à l’âge de 12 ans.
Pendant toute son adolescence il peint beaucoup : des paysages, des natures mortes. Ses maîtres sont essentiellement impressionnistes.

À 18 ans il obtient un CAP de peintre décorateur. Il apprend la peinture en lettres, le faux marbre, le faux bois, l’affiche de cinéma, la fabrication des couleurs, des glacis…

En 1966 après une préparation à l’atelier Met de Penningen, il rentre à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à Paris.
Puis, sur les conseils d’un de ses illustres professeurs, Jean Picard Le Doux, il intègre à Bâle la Kunstgewerbeschule, école très influencée par le Bauhaus.

Pendant quelques années il explore la représentation de friches industrielles à la limite du narratif et de l’abstraction et puis, un peu par hasard, en 1991 il peint deux femmes sur une plage en Bretagne.
Et puis plus rien pendant quelques années.

Mais ce tableau l’a hanté. Il a retrouvé dans sa représentation le plaisir amusé que l’on a tous à une terrasse de café : contempler nos contemporains.
Il a éprouvé une réelle empathie envers ces personnages. Il a pensé à sa grand-mère qui passait ses journées derrière ses carreaux à commenter avec plus ou moins d’indulgence les passants anonymes.
L’évidence était là : le sujet n’a aucune importance.
Des gens ont fait des chefs-d’oeuvre avec trois pommes. Quoi de plus bête qu’une pomme Monsieur Cézanne ?

Aujourd’hui l’image n’a jamais été autant démocratisée. Nous sommes tous équipés d’appareils photos. Nous sommes tous des créateurs d’images, même si cette image est floue, mal cadrée, sans intérêt.
Blaimont s’est donc lancé un défi : « faire des images nulles, représenter des anonymes, des transparents et faire en sorte que sa peinture les rendent intéressants. »

Il souhaite que sa peinture crée de l’émotion non pas par le choix du sujet mais par la façon dont il est représenté.
L’artiste essaie de réduire au minimum l’environnement pour concentrer toute l’attention sur le personnage et ses caractéristiques : pas de décors, un fond réduit au minimum.

Et puis récemment il a poussé la logique un peu plus loin : plus de fond. Un fond blanc sans rien, il décide de ne conserver que ce qui lui paraît essentiel.